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05.12.2007

TÉMOIGNAGE DU COMMANDANT DE LA CRS 43 DE CHALON, GILBERT SINISCALCO


> « Jamais nous n'avions eu affaire à des gens aussi organisés et armés »
>
> Tombée lundi soir dans une embuscade à Villiers-le-Bel (Val-d'Oise), une
> demi-compagnie de la CRS 43 a essuyé les assauts de quelque 300 émeutiers.
> Bilan : 11 blessés chalonnais dont six plus grièvement.
> Nous sommes entrés dans une phase de violence que je n'avais jamais pu
> constater, a analysé hier matin le commandant de la CRS43, Gilbert
> Siniscalco, «a situation lundi soir à Villiers-le-Bel a pris des proportions
> incommensurables, Nous nous sommes retrouvés face à des gens très
> déterminés et organisés. Ils étaient très nombreux et mobiles. Par
> rapport à ce que nous avons pu connaître à une époque, nous avons eu
> affaire à des individus armés qui n'hésitent plus à se rapprocher de
> nous et à faire feu ».
> Et le commandant sait de quoi il en retourne.. Il était lundi soir en
> première
> ligne avec sa demi-compagnie. « Une quarantaine de fonctionnaires a été
> déployée sur Villiers-le-Bel », explique-t-il, « nous avions une mission de
> maintien de l'ordre en deux phases ».
> La première phase a consisté à reprendre le terrain occupé par les
> casseurs qui mettaient le feu aux mobiliers urbains. « Ils étaient 150 à
> 200 malgré les appels au calme des proches et des familles », précise le
> commandant, « mais
> nous avons réussi à les mettre en fuite et sécuriser à nouveau le secteur ».
> La première phase terminée, la demi-compagnie s'est mise en route pour la
> seconde étape de sa mission. « Nous devions passer par un rond-point où se
> trouvaient des barricades enflammées », poursuit Gilbert Siniscalco, « il y
> avait une zone du site plongée dans le noir et c'est ici que nous sommes
> tombés dans un guet-apens, au moment où nous étions le plus vulnérables
> car dans nos véhicules ».
> « Nous étions encerclés par 300 casseurs armés et déterminés », souligne le
> commandant, « ils avaient des barres de fer, des cocktails Molotov, des
> fusils de chasse, des armes, des bombes lacrymogènes, des boucliers et
> d'énormes pavés qu'ils avaient réussi à extraire de la chaussée ». Des
> pavés qui ont servi à détériorer les véhicules du convoi des CRS. « Les
> trois premiers fourgons qui se sont retrouvés face aux agresseurs ont
> été pulvérisés », raconte le
> commandant, « Notre seule chance a été que les cocktails Molotov
> n'atteignent pas nos véhicules. Nous sommes descendus et nous nous
> sommes fait attaquer en
> contact. Nous n'avions aucune solution de repli car nous étions encerclés ».
> Piégés, les CRS de la 43 ont essuyé plusieurs rafales de tirs.
> « Le plus terrible a été de constater que ces jeunes sans foi ni loi étaient
> prêts à nous lyncher », a remarqué le commandant qui a pourtant connu
> Sarajevo.
> Lui-même a été blessé pendant l'assaut des émeutiers. Il a été atteint par
> des plombs de fusils de chasse au niveau de la pommette, de la main et de la
> jambe. Les affrontements ont duré entre « 20 et 25 minutes », estime Gilbert
> Siniscalco, « Il a fallu qu'une unité de CRS vienne en renfort pour nous
> dégager ».
> Bilan du guet-apens : onze blessés dont six par tirs de fusils de chasse ou
> pistolets à grenailles. « Toujours à mes côtés, mon opérateur (opérateur
> radio) s'est porté au secours d'un gradé touché au niveau de l'oeïl, un
> plomb à la paupière », poursuit le commandant, « il a tenté de le mettre
> en sécurité dans un fourgon, mais au moment où il allait faire coulisser
> la porte, il a relevé la tête et il s'est retrouvé face à un émeutier
> qui a fait feu sur lui à deux reprises. Il n'a rien pu faire ». « Il
> était vulnérable, il s'occupait d'un fonctionnaire blessé », déplore le
> commandant. Ce gardien de la paix âgé de 27 ans a été le plus grièvement
> blessé. Il a reçu 35 à 40 plombs dans le corps dont onze au niveau du
> visage. « Ces jours ne sont pas en danger mais il devra subir une
> intervention chirurgicale pour ôter les plombs incrustés aux limites des
> parois osseuses », tient à souligner
> Gilbert Siniscalco. Les six CRS qui ont été ainsi blessés par les fusils
> de chasse ou
> des pistolets à grenailles devront subir des opérations. Quant aux cinq
> autres CRS blessés lors des affrontements, ils l'ont été par contact
> direct en
> corps à corps ou par jets de projectiles.
> « Tout au long de cette mission, l'unité a réagi de manière très
> professionnelle, elle a fait preuve de sans froid », souligne Gilbert
> Siniscalco, « la compagnie a de nombreuses expériences dans les
> banlieues en maintien de l'ordre. Elle a aussi officié lors de
> manifestations étudiantes ou autres, où en fin de parcours, elle est
> confrontée à des casseurs très organisés. Mais ce soir-là à
> Villiers-le-Bel, il y avait de la part des émeutiers une volonté
> d'arriver au contact avec une violence extrême ».
> La journée d'hier a été celle des soins pour les blessés de la
> compagnie. Les
> hommes encore vaillants ont été affectés à la sécurité dans le métro. Mais
> compte tenu des dégâts, la CRS43 n'est plus opérationnelle. Aussi
> rentre-t-elle
> aujourd'hui sur Chalon.

SOURCE : http://lelibreimpertinent.hautetfort.com

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